Rendre l’eau à la terre : repenser notre lien aux rivières vivantes

15 janvier 2026 | Actualité, Livre

Rendre l’eau à la terre, de Baptiste Morizot, illustré par Suzanne Husky, est un ouvrage engagé et sensible publié par les éditions Actes Sud. À la croisée de la philosophie, de l’écologie et du récit, ce livre invite à transformer en profondeur notre manière de penser et de gérer l’eau, les rivières et les territoires face aux bouleversements climatiques.

Dans un contexte marqué par les sécheresses, les inondations, les incendies et l’artificialisation des sols, Rendre l’eau à la terre propose un changement de regard radical : considérer l’eau comme un être vivant et restaurer les milieux humides qui protègent et amplifient la vie.

Restaurer les rivières pour faire face au dérèglement climatique

Pendant des siècles, les rivières ont été drainées, canalisées, bétonnées, au service de l’urbanisation et de l’agriculture industrielle. En supprimant leurs zones humides, nous avons fragilisé leur capacité à réguler les crues, soutenir les étiages, filtrer l’eau et rafraîchir les territoires.

Baptiste Morizot montre que rendre l’eau à la terre, c’est redonner de l’espace aux rivières pour qu’elles puissent à nouveau :

  • ralentir les écoulements,
  • infiltrer l’eau dans les sols,
  • soutenir la biodiversité,
  • renforcer la résilience des territoires face aux extrêmes climatiques.

Cette approche rejoint les principes de l’hydrologie régénérative, qui vise à restaurer les cycles naturels de l’eau plutôt qu’à chercher à les contrôler.

Le castor, architecte des rivières vivantes

Au cœur du livre se trouve une figure centrale : le castor. Animal longtemps persécuté, il apparaît ici comme un ingénieur écologique majeur. Par ses barrages, il ralentit l’eau, favorise son infiltration, améliore sa qualité et crée de véritables oasis de vie.

En explorant le temps long des rivières, l’auteur montre comment le castor coévolue depuis des millions d’années avec les milieux aquatiques et comment ses actions peuvent aujourd’hui nous inspirer des stratégies d’adaptation face au changement climatique.

Le castor devient ainsi un symbole fort : celui d’une autre manière d’agir, fondée sur la coopération avec le vivant plutôt que sur l’extractivisme, le contrôle et la domination.

Vers une pensée de l’eau vivante et des alliances avec le non-humain

Rendre l’eau à la terre est aussi un manifeste philosophique. Il appelle à changer de paradigme et à développer une pensée de l’eau vivante, capable de répondre à un monde de plus en plus assoiffé.

L’ouvrage invite à repenser l’aménagement des territoires, renouer avec les dynamiques naturelles de l’eau, tisser des alliances avec les puissances non humaines et participer, en tant qu’humains, à l’autoguérison des rivières et des écosystèmes.

Ce livre s’adresse à toutes celles et ceux qui s’intéressent à l’eau, aux rivières, à la biodiversité, à la résilience territoriale et aux alternatives écologiques : citoyens, élus, techniciens, agriculteurs, chercheurs, acteurs de l’environnement.

? Pour prolonger la réflexion et soutenir les actions inspirées par le castor et la restauration des rivières, vous pouvez consulter le site du mouvement : mapca.eu

Rendre l’eau à la terre est une invitation puissante à ralentir, infiltrer, régénérer — et à apprendre, nous aussi, à amplifier la vie.